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Pétrels de Barau : 1200 échouages redoutés en avril 2026

Pétrels de Barau : 1200 échouages redoutés en avril 2026

Jusqu'à 1 200 jeunes pétrels de Barau pourraient s'échouer lors de leur premier envol entre le 3 avril et le 3 mai 2026. La Société d'études ornithologiques de La Réunion (SEOR) annonce un niveau de risque supérieur à la normale pour cette campagne « Nuits sans lumière », en raison d'une configuration lunaire particulièrement défavorable.

Cette espèce marine endémique de La Réunion, classée en danger d'extinction, niche sur le massif du Piton des Neiges. Chaque année, au début de l'hiver austral, les juvéniles effectuent leur premier vol nocturne vers l'océan en s'orientant grâce aux repères lumineux naturels. La proximité de la nouvelle lune avec le pic d'envol prive cette année une grande partie des jeunes oiseaux de ces repères essentiels, les rendant vulnérables à la pollution lumineuse urbaine.

La période du 9 au 28 avril, qualifiée de « période noire », concentrera 92 % des échouages attendus sur 19 nuits consécutives. Le risque atteint son maximum entre 18h30 et minuit, moment où les pétrels quittent leur site de reproduction. Les projections pourraient être dépassées en cas de conditions météorologiques défavorables, comme en avril 2024 où 1 351 échouages avaient été recensés contre 830 initialement prévus.

L'association appelle les gestionnaires d'éclairages publics, privés et sportifs à renforcer leurs efforts de réduction lumineuse. Les équipements sportifs sont particulièrement visés, avec une extinction demandée dès la tombée de la nuit et un report des activités en journée quand c'est possible.

En cas de découverte d'un pétrel échoué, la SEOR rappelle qu'il doit être récupéré immédiatement, placé dans un carton fermé sans eau ni nourriture, puis signalé à l'association. Cette mobilisation s'inscrit dans le projet européen Life OVERSEAS, lancé en janvier 2026 pour renforcer la conservation de l'avifaune menacée dans les territoires ultramarins.