Société

À La Réunion, un Groupe d’experts locaux pour ralentir la course folle du réchauffement climatique

La Réunion : Un Groupe d'Experts Lutte Contre le Réchauffement Climatique

Le Groupe régional d’experts sur le climat (GREC) a été créé pour rassembler les scientifiques, collectivités locales et institutions de La Réunion. Son objectif : intégrer des solutions contre le changement climatique dans les politiques publiques de l’île.

Selon Météo France, la température moyenne à La Réunion pourrait augmenter de 1,5 degré d’ici 2030 et de 2,9 °C d’ici 2100. Bien que cela puisse sembler faible, cette élévation pourrait entraîner des conséquences graves, comme des sécheresses prolongées et une intensification des cyclones.

Lors du lancement du GREC au Moca à Saint-Denis, Huguette Bello a averti que le réchauffement climatique pourrait provoquer un « effet domino » avec des catastrophes naturelles consécutives.

Déjà, une dizaine de régions françaises ont adopté des GREC pour intégrer les données scientifiques sur le climat dans leur aménagement, bien que les effets de ces initiatives restent difficiles à évaluer.

Au cours de cette réunion, Huguette Bello a présenté les ambitions de la région, notamment un « grand plan solaire » et la relance des énergies marines, malgré les défis technologiques rencontrés précédemment. Elle a également évoqué le développement de l’éolien offshore et la recherche en géothermie.

Le GREC fonctionnera grâce à un comité d’orientation stratégique, scientifique et technique (COSST), qui proposera un programme d’action à l’assemblée consultative sur le climat et l’adaptation territoriale (ACCAT). Huguette Bello dirigera ce groupe, assistée de plusieurs élus régionaux.

Le GREC est décrit comme une « interface essentielle entre la science, la société et les politiques publiques ». Il est également perçu comme un outil de coopération régionale, soutenu par le programme Climaax de l’Union européenne, qui finance l’analyse et l’adaptation au changement climatique.

Les enjeux du GREC incluent la sécurité des personnes et des biens face aux aléas climatiques, la souveraineté alimentaire et énergétique, la conservation du patrimoine naturel, ainsi que la santé et l’économie de l’île.

Le Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement (CCEE) a déjà proposé des recommandations pour anticiper ces enjeux, comme l’installation de systèmes d’eau chaude solaire, la récupération des eaux pluviales et l’utilisation de toilettes sèches.

Le coût des cyclones pour La Réunion est significatif, avec une estimation à 9 millions d’euros par an entre 2000 et 2019. Les sinistres récents, comme les cyclones Belal et Garance, ont engendré des pertes évaluées à 100 millions et 380 millions d’euros respectivement.