Laurent Ferrère, éleveur de cerfs dans les hauts de Saint-Leu, a été condamné mardi 3 mars à 500 euros d'amende avec sursis par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Il avait abattu un chien en septembre 2024 sur une route de son exploitation, après des années d'attaques répétées sur son troupeau.
L'affaire illustre les tensions croissantes autour de l'errance animale à La Réunion. Installé depuis dix ans, l'éleveur comptait jusqu'à 200 bêtes avant que les attaques ne déciment régulièrement son cheptel : douze animaux perdus en 2017, huit en 2020, jusqu'à 25 en 2024. « C'est un jeu de chasse pour le chien qui ne va pas manger le cerf. Il va lui courir derrière, le fatiguer, le mettre à terre et l'égorger », explique-t-il.
Malgré la clôture des 12 kilomètres de son exploitation et ses alertes auprès du TCO, Laurent Ferrère assure n'avoir reçu aucune solution. Le jour des faits, il croise deux promeneuses qui lui confirment qu'un chien présent sur sa route appartient au quartier. Face à cette réponse, l'éleveur va chercher son fusil et tire sur l'animal.
La propriétaire du chien, présente au procès, réclamait 200 euros de dommages et intérêts pour son animal Roxy, un jeune chien non pucé qu'elle laissait divaguer. « Mon chien était connu à La Chaloupe. On ne l'attache pas parce que sinon, il fait pitié », justifie-t-elle. Le parquet a requis 1 000 euros d'amende dont 600 avec sursis, dénonçant un « abattage de sang-froid » tout en reconnaissant la « problématique majeure » de l'errance animale sur l'île.
La défense a pointé les manquements de l'intercommunalité et questionné la responsabilité de la propriétaire qui laissait divaguer son animal non identifié. Le tribunal a finalement jugé la partie civile irrecevable en raison du défaut d'identification de l'animal. Insatisfait, Laurent Ferrère envisage de faire appel de sa condamnation.
Dernières actualités
Breaking Down the Elements of a Masterpiece Painting
The Revival of Classical Art in a Digital Age
Must-See Art Exhibitions Around the World This Year
The Revival of Classical Art in a Digital Age